Logiciel sur mesure ou progiciel : vos outils sont-ils adaptés à vous ?
Logiciel sur mesure ou progiciel ? Ressaisies, tableurs à côté, fonctions inutilisées : les signes que vos équipes s'adaptent à l'outil, et quand acheter plutôt que développer.
13 min de lecture
Sébastien Nobour
Fondateur de DEVEDANOS
Votre entreprise n’a pas d’équipe technique, et vous hésitez à recruter un développeur ou un directeur technique, ou à vous associer avec l’un d’eux. Il vous faut pourtant quelqu’un : pour faire développer un logiciel, pour remplacer un outil qui ne suit plus votre activité, pour sécuriser les ordinateurs de vos équipes. On vous parle alors d’un « partenaire technique ».
L’expression rassure, mais elle ne dit pas ce que fait ce partenaire. Nous en distinguons quatre formes. Elles ne répondent pas au même besoin, et ne vous laissent pas la même chose le jour où vous vous séparez.
Avant de comparer des devis, il faut savoir quelle forme correspond à votre besoin. Recruter ou vous associer sont deux autres voies, que nous détaillons ensuite. Enfin, trois points sont à vérifier, quelle que soit la voie choisie : ce que vous possédez, ce qui se passe quand votre besoin change, et la façon dont vous pourrez partir.
Le CTO ou le DSI à temps partagé. C’est un directeur technique, ou un directeur des systèmes d’information, qui travaille pour plusieurs entreprises. Mélina Loupia, journaliste spécialisée en technologie et en cybersécurité, décrit son rôle dans un guide publié par Clubic en février 2026. Il intervient une à deux journées par semaine. Il pilote la stratégie informatique, fait le point sur l’existant, négocie avec les prestataires et accompagne les projets. Il défend les intérêts de l’entreprise auprès de ses fournisseurs.
L’agence de développement. Elle construit ce qui n’existe pas encore : un site, une application mobile, un logiciel sur mesure. Ce qu’elle vous laisse à la fin, c’est le code de ce logiciel, à condition que le contrat vous en cède les droits. Cette condition est détaillée plus bas.
L’infogérance et la cybersécurité. Le prestataire fait fonctionner ce que vous avez déjà : le parc informatique, l’assistance aux utilisateurs, la sécurité, les sauvegardes, parfois l’hébergement. Vous payez un forfait mensuel. En échange, le contrat fixe un niveau de service : le délai d’intervention, la disponibilité, l’assistance téléphonique.
L’intégrateur d’ERP ou de CRM. Il installe et paramètre un progiciel de gestion (ERP) ou de gestion de la relation client (CRM), édité par une autre entreprise. Ce logiciel appartient à son éditeur, seul autorisé à le copier ou à le modifier (article L122-6 du Code de la propriété intellectuelle). Vous payez une licence pour l’utiliser.
Ces formes se combinent. Selon le même guide, beaucoup de PME associent un DSI à temps partagé pour la stratégie et un prestataire extérieur pour les opérations techniques.
Commencez donc par nommer votre besoin : piloter vos choix techniques, faire fonctionner votre informatique, adapter un logiciel du marché, ou construire un logiciel qui n’existe pas encore.
Un salarié travaille pour vous seul. Vous dirigez son travail directement, et le logiciel qu’il développe dans le cadre de ses fonctions vous revient (article L113-9 du Code de la propriété intellectuelle, détaillé plus bas). Recruter a aussi un coût, qui ne se limite pas au salaire. Voici ses ordres de grandeur en France en 2026.
Le salaire. L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publie chaque année les salaires des cadres, métier par métier. Selon son édition 2025, présentée par Le Monde Informatique, un développeur cadre gagne entre 34 000 et 53 000 € brut par an, pour une moyenne de 43 000 €. L’étude présentée par Le Monde Informatique ne donne pas de chiffre propre au directeur technique (CTO). Nous retenons la famille de métiers la plus proche, celle des directions informatiques. En Île-de-France, la moitié de ces cadres a un salaire fixe inférieur à 77 000 € brut par an, l’autre moitié un salaire supérieur : c’est le salaire médian. S’y ajoute une part variable médiane de 7 000 €. En régions, la fourchette publiée va de 46 000 à 96 000 €.
Les cotisations patronales. Elles s’ajoutent au salaire brut. Selon Payfit, éditeur d’un logiciel de paie, elles représentent en moyenne 25 à 42 % du salaire brut, selon l’entreprise et le profil du salarié.
Le recrutement. Un cabinet de recrutement facture de 15 à 25 % du salaire annuel brut de la personne recrutée, selon un article de HelloWorkplace. Pour un poste de direction, ses honoraires « peuvent dépasser 25-30 % », d’après le guide des honoraires de Talent Program.
Appliqués aux salaires de l’Apec, ces taux donnent les ordres de grandeur suivants. Pour le développeur, la moyenne est nationale ; pour la direction informatique, ce sont les chiffres d’Île-de-France.
| Développeur | Direction informatique (Île-de-France) | |
|---|---|---|
| Salaire brut annuel | 43 000 € (moyenne) | 84 000 € (somme des médianes : 77 000 € de fixe et 7 000 € de variable) |
| Coût annuel pour l’employeur, cotisations comprises | 54 000 à 61 000 € | 105 000 à 119 000 € |
| Honoraires d’un cabinet de recrutement (une seule fois) | 6 450 à 10 750 € | à partir de 19 250 € (25 % du fixe) |
Ce calcul ne comprend pas le poste de travail, les logiciels, ni le temps dont le nouveau salarié a besoin pour connaître votre activité.
Quand un recrutement échoue. L’article de HelloWorkplace détaille un exemple : un cadre qui coûte 50 000 € par an à l’employeur, cotisations comprises, quitte l’entreprise au bout de six mois. En additionnant le salaire et les cotisations déjà versés, l’intégration et la formation, la productivité perdue et le nouveau recrutement, l’article chiffre ce recrutement raté à 43 000 €.
Les délais pour se séparer. La période d’essai d’un cadre en CDI dure au plus quatre mois. Elle peut être renouvelée une fois, jusqu’à huit mois au total, si un accord de branche étendu le prévoit et que le salarié l’accepte par écrit (Service-Public). Ensuite, le préavis dépend de la convention collective de votre entreprise. Dans la convention Syntec, il est de trois mois pour un cadre, qu’il démissionne ou qu’il soit licencié (Payfit). Dans ce cas, une séparation prend trois mois.
Avec un seul développeur, toute la connaissance du logiciel repose sur une seule personne. Si elle quitte l’entreprise, cette connaissance part avec elle, sauf si elle a été écrite et transmise.
S’associer avec un directeur technique. Il peut aussi entrer au capital de votre entreprise, comme associé. Pour fixer sa part, « il n’existe pas de barème légal », rappelle l’expert-comptable Samuel Hayot : elle se négocie. Dans les jeunes entreprises, l’associé l’acquiert souvent progressivement, sur plusieurs années, selon un calendrier écrit dans le pacte d’associés, le contrat qui organise les relations entre associés : un départ trop tôt ne lui donne droit à rien.
Reste la propriété du logiciel. Un associé qui n’est pas salarié n’est pas concerné par l’article L113-9. En 2015, la Cour de cassation a refusé de reconnaître à une société les droits sur un logiciel écrit par deux de ses associés, faute de preuve que ces droits lui avaient été cédés. Le logiciel que votre associé développe ne revient donc à l’entreprise que par une cession écrite, comme pour un prestataire. Et, comme avec un seul salarié, toute la connaissance du logiciel repose sur lui.
Les guides que nous avons lus pour préparer cet article suivent le même plan. Ils listent d’abord les avantages de l’externalisation : des coûts fixes qui deviennent variables, une expertise que l’entreprise ne pourrait pas payer à temps plein, du temps gagné. Puis viennent les critères de choix : certifications, références clients, délais d’intervention garantis, prix.
Ces critères comptent. Ils ne disent pas ce qui se passe le jour où vous voulez changer quelque chose, ou partir. Un témoignage de 2008 montre l’un de ces points : la propriété du code.
Sur le site LinuxFr.org, en 2008, un utilisateur raconte ce qui est arrivé à une organisation qu’il connaît. Elle avait commandé à une société un logiciel écrit d’après ses propres spécifications, et le contrat de développement ne disait rien de la licence. Ce logiciel est au cœur de son activité, et il ne sert à personne d’autre. Le jour où l’organisation a demandé le code source, le développeur a refusé de le lui remettre. L’auteur du billet demande aux lecteurs si l’organisation a un recours pour obtenir son code.
Les réponses des lecteurs concordent : sans accord écrit, le développeur est probablement dans son droit. Selon eux, l’organisation n’a plus que trois options : négocier, racheter le code, ou faire réécrire l’application.
En droit français, le Code de la propriété intellectuelle distingue deux cas. Quand un salarié développe un logiciel dans le cadre de ses fonctions, les droits d’exploitation de ce logiciel reviennent à son employeur (article L113-9). Cette règle vise les salariés, et ne s’applique pas à un prestataire extérieur.
Avec un prestataire, les droits ne vous sont transmis que par écrit. L’article L131-3 du même code exige que chaque droit cédé fasse l’objet d’une mention distincte dans l’acte de cession. Il exige aussi que l’on délimite l’étendue de ces droits, leur destination, le lieu où ils s’exercent et leur durée.
Payer la facture ne vous rend donc pas propriétaire du code. Pour le devenir, il faut une clause de cession écrite qui nomme chaque droit cédé. Faites-la relire par un avocat avant de signer.
Un logiciel ne se résume pas à son code. Pour être en ligne, il lui faut aussi un nom de domaine, un hébergeur, et un dépôt, l’espace où son code source est conservé. Si ces comptes sont ouverts au nom du prestataire, c’est lui qui y a accès : vous aurez besoin de lui pour chaque modification, et pour partir.
Vos utilisateurs se servent du logiciel, et leur usage montre ce qui manque, ce qui ne sert à rien et ce qui est à améliorer. Plus tôt ils l’ont entre les mains, plus tôt vous savez quoi changer. C’est alors le contrat qui décide de ce que coûte chaque changement.
Au forfait à périmètre fixe, le prestataire porte l’erreur d’estimation sur la liste signée. Le client porte le changement de besoin, avenant après avenant. En régie, le client porte les deux. Le changement ne coûte pas d’avenant, mais chaque journée de plus s’ajoute à la facture.
Dans les deux cas, le budget part d’estimations, et ces estimations comprennent une marge pour imprévus que le client ne voit pas. Certains professionnels qui accompagnent les développeurs indépendants conseillent une marge d’erreur de 30 % à 250 %, selon le projet et le secteur.
Et le prix fixé au départ tient rarement : pourquoi le coût réel finit si souvent au-dessus du budget prévu, nous l’expliquons dans notre article sur les dépassements de budget. Existe-t-il une façon de payer qui ne repose pas sur une estimation ? Notre article sur le forfait et la régie compare les trois façons de payer le développement d’un logiciel, et dit qui porte le risque dans chacune.
Avant de signer, posez la question à votre futur partenaire : si mon besoin change, qu’est-ce qui change dans ce que je paie ?
Un partenaire technique se choisit aussi sur la façon dont on peut le quitter. Dans son guide, Mélina Loupia prévient : sans clause de réversibilité, une entreprise peut se trouver incapable de changer de prestataire sans perdre des mois de travail. Le contrat doit prévoir la récupération des données, l’accès aux configurations, la remise de la documentation et le délai de préavis.
Une clause écrite ne prouve pas encore que le départ est possible. Seul un essai le prouve. Faites-le une fois, avant d’en avoir besoin : demandez qu’on vous remette le code et la documentation, puis confiez-les à quelqu’un d’autre que le prestataire. S’il parvient à faire fonctionner le logiciel à partir de ce qu’on vous a remis, vous pouvez partir.
La possibilité de partir change aussi la relation. Quand le client peut mettre fin au contrat à tout moment, son partenaire technique a tout intérêt à bien faire son travail : sinon, le client met fin au contrat.
DEVEDANOS est le partenaire technique des PME en développement logiciel sur mesure. Parmi les quatre formes, nous sommes une agence de développement : nous construisons le logiciel dont votre activité a besoin.
Les projets que nous développons sur mesure :
Pour le développement d’un logiciel sur mesure, nous travaillons pour un budget fixe, facturé chaque fin de mois pour le travail réalisé. Votre application est utilisable en un mois, en quelques fonctionnalités essentielles : vos utilisateurs s’en servent immédiatement, et c’est leur usage qui définit les fonctionnalités suivantes à développer. Le code source, l’infrastructure, le pipeline de déploiement et la documentation sont votre propriété intellectuelle dès le règlement de la première mensualité.
Avec ce budget fixe, vous n’avez à payer ni honoraires de cabinet de recrutement, ni cotisations patronales. Le budget se construit avec vous, à partir de vos chiffres et de vos objectifs : nous fixons ensemble le montant et le problème que votre application doit résoudre. Il couvre ensuite sa maintenance et ses évolutions, aussi longtemps que vous le souhaitez, pour qu’elle s’adapte en continu à votre activité.
Vous pouvez mettre fin au contrat par écrit à tout moment, sans justification. Pendant le mois de réversibilité, nous accompagnons votre équipe jusqu’à ce qu’elle puisse construire, tester et déployer sans nous.
Notre guide reprend les questions à poser avant de signer un devis pour le développement de votre outil sur mesure. Et si l’on vous propose d’intégrer l’IA à ce logiciel, notre article « Peut-on avoir sa propre IA ? » explique ce que vous posséderez à la fin.
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